LE DARPeM

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DMU EP-HP

DÉPARTEMENT des AFFAIRES RÉGLEMENTAIRES, PHARMACEUTIQUES et MÉDICALES   

LE DARPeM

Les missions du DARPeM concernent les médicaments de l’Établissement pharmaceutique (EP) de l’AP-HP et se déclinent en cinq domaines :

  • L’expertise chimique, pharmaceutique et méthodologique
  • Les affaires pharmaceutiques et médicales
  • Les affaires réglementaires
  • L’information médicale
  • La pharmacovigilance

En interne, le DARPeM travaille en interaction étroite avec le pharmacien responsable, les autres départements de l’EP (Recherche et développement, Production, Contrôle, Qualité), le Service Approvisionnement et Distribution qui distribue les médicaments de l’EP aux établissements de santé dans toute la France et avec le Service Évaluations Pharmaceutiques et Bon Usage (SEPBU)et notamment les équipes qui assurent le secrétariat de la COMEDIMS et l’évaluation et l’achat de médicaments.

En externe, les praticiens du DARPeM sont les interlocuteurs :

  • des partenaires industriels auxquels l’AP-HP a concédé une licence d’exploitation de ses AMM, pour les questions pharmaceutiques (variations d’AMM, pharmacovigilance),
  • des équipes hospitalières pharmaceutiques et médicales – en particulier celles des centres de référence et de compétence ‘maladies rares’
  • les autorités sanitaires, principalement l’ANSM.

ACTIVITÉS DU DEPARTEMENT

ACTIVITÉS DU DEPARTEMENT

Expertise chimique, pharmaceutique et méthodologique

  • construction de plans d’expérience (approche méthodologique) avec pour objectifs :
    • protocoles de validation de méthodes de contrôles physico-chimiques et de processus de production
    • propositions de développement de méthodes
  • mise en application de la maîtrise statistique des processus et mesure des capabilités (aptitudes) des systèmes de production industrielle ; suivi des processus industriels par cartes de contrôle
  • traitement statistique des données de validation de processus / méthodes et rédaction de rapports
  • expertise analytique et aide à la décision pharmaceutique dans les situations de non-conformité de la qualité pharmaceutique
  • définition et mise en œuvre des stratégies de réponses aux nouvelles exigences en matière de qualité pharmaceutique (ex. risques liés à la présence d’impuretés nitrosamines)
  • interface avec l’expertise toxicologique avec rédaction des besoins et sous-traitance de l’expertise

 

 

 

 

 

 

Affaires pharmaceutiques et médicales

  • analyse et synthèse de données bibliographiques non cliniques
  • analyse et synthèse de données bibliographiques cliniques
  • suivi de l’utilisation des médicaments de l’EP via des enquêtes terrain, voire des essais cliniques rétrospectifs ou des études prospectives observationnelles
  • réévaluation du caractère Médicament d’intérêt thérapeutique majeur et de la valeur ajoutée des préparations hospitalières
  • évaluation de la justification médicale des nouvelles utilisations thérapeutiques
  • suivi des informations issues des études cliniques promues par des promoteurs publics
  • préparation et suivi des aspects pharmaceutiques des partenariats avec des industriels
  • veille médicale : littérature, sociétés savantes, experts, résultats d’essais cliniques

 

 

 

 

 

 

 

Affaires réglementaires

  • déclaration réglementaire des préparations hospitalières et de leur sous-traitance
  • dossiers d’autorisations de mise sur le marché (AMM) : actualisation, suivi scientifique et réglementaire des dossiers, variations d’AMM
  • contribution aux revues qualité produit conduisant, le cas échéant, à des propositions de modification des dossiers
  • élaboration et validation réglementaire des modèles d’articles de conditionnement (étiquetages, notices)
  • proposition de mesures correctives ou préventives d’erreurs médicamenteuses liées aux étiquetages
  • analyse des évolutions réglementaires concernant l’exploitation (commercialisation) des médicaments

 

 

 

 

 

 

Information médicale

  • mise à jour du livret des médicaments mis à disposition par l’établissement
  • élaboration de notices pour les malades
  • rédaction et mise à jour de fiches d’utilisation thérapeutique (FUT)
  • réponse aux demandes d’information des professionnels de santé et malades
  • rédaction et mise à jour de questions-réponses types
  • diffusion d’informations sur tout changement relatif aux médicaments de l’établissement
  • information en cas de risque de rupture de stock ou de rupture de stock avérée
  • organisation des distributions contingentées
  • séminaires d’information scientifique sur nos missions et sur nos médicaments

 

 

 

 

 

 

Pharmacovigilance

  • respect de toutes les obligations de pharmacovigilance (PV), en conformité avec les bonnes pratiques de pharmacovigilance, et en lien avec les responsables de PV (prestataire extérieur)
  • recueil et détection des cas PV 7j/7, 24h/24 et réconciliation relative à tous les cas PV
  • encadrement des activités du prestataire (veille de la littérature, requêtes Eudravigilance, détection du signal, rapports de sécurité, PSMF, dossier permanent au système de pharmacovigilance (PSMF).
  • formation du personnel concerné à l’AGEPS
  • évaluation des cas d’usage non conforme à l’AMM
  • réévaluation du rapport bénéfices/risques
  • diffusion et gestion de l’information sur toute alerte relative aux médicaments de l’EP de l’AP-HP, y compris la communication avec les autorités de santé et les professionnels et usagers de santé.

 

 

 

 

 

Actualités du DARPeM

Un rôle clé du DARPeM : prévenir et gérer les ruptures de stock des médicaments de l’EP de l’AP-HP

Le DARPeM contribue fortement aux mesures d’évitement et de gestion des ruptures d’approvisionnement des médicaments de l’EP de l’AP-HP. Onze produits étaient concernés en 2025.

Les mesures mises en place ont été un succès pour le CUIVRE-HISTIDINE, traitement d’une maladie très rare de pronostic sévère, la maladie de Menkes. La rupture de stock a été évitée.

Un succès également pour les FORMULE CP1A AP-HP, solution pour perfusion cardioplégique et FORMULE CP1B AP-HP, solution pour cardioplégie. Le risque de rupture était dû au report de l’usage d’une spécialité industrielle dont la commercialisation a été arrêtée avec report sur les préparations hospitalières de l’EP de l’AP-HP. Un signal a été détecté précocement et les reports suivis attentivement pour une adaptation optimale du planning de production des préparations.

La méthodologie de contingentement a été revue pour en améliorer l’efficacité. Cela a permis une répartition équitable du stock restant pour deux préparations dont la rupture était inévitable compte tenu de problèmes de transfert de fabrication. L’objectif est de laisser du temps aux établissements utilisateurs pour mettre en œuvre des alternatives (réalisation de préparations ou report sur d’autres protocoles thérapeutiques) :

– FER AP-HP 2,5 mg NOURRISSON gélule, destiné au traitement préventif de l’anémie par carence martiale du prématuré et du nourrisson

– COLI-GENTA AP-HP 135 mg – 100 mg gélule adulte, destiné à la décontamination microbienne du tube digestif (décontamination digestive sélective).

Et toujours informer et sécuriser l’usage des médicaments

En 2025, le DARPeM a diffusé 25 lettres d’information sur les médicaments de l’EP de l’AP-HP et révisé les documents d’information médicale (FUT Fiche d’Utilisation Thérapeutique, l’équivalent du RCP pour les médicaments avec AMM) sur 9 préparations hospitalières.

Le département a notamment accompagné l’arrêt de commercialisation du CHLORURE DE SODIUM AP‑HP 30 % (m/V), solution stérile réservée au traitement local des kystes hydatiques avant l’exérèse chirurgicale. La décision d’arrêt se fondait sur une réévaluation des données de la littérature médicale dont la conclusion était de privilégier pour cet usage l’emploi du CHLORURE DE SODIUM AP-HP 20 % (m/V), solution à diluer pour perfusion.

Améliorer ses méthodes de travail, deux exemples de réalisations en 2025 :

– Dans le cadre de l’amélioration continue de la qualité et du renforcement de l’intégrité des données, le DARPeM, avec l’appui des informaticiens de l’AGEPS, a Informatisé le suivi des demandes d’information médicale et des cas de pharmacovigilance.

– Il a évalué la criticité des documents qu’il produit en termes de conservation et revu sa gestion de l’archivage.

Accompagner la formation des jeunes pharmacien·nes

Le DARPeM a poursuivi son engagement dans la formation des futur·es pharmacien·nes, en accueillant quatre étudiant·es en 5ème année hospitalo-universitaire, dont deux en stage d’application et deux étudiant·es de 4ème année de pharmacie pour un stage de découverte de deux mois. Il accueille début 2026 une pharmacienne pour un stage de six mois dans le cadre d’une reconversion de l’officine vers les affaires médicales.

Focus sur la maladie de Menkes ou Kinky Hair Syndrom, ‘syndrome des cheveux en fil de fer’

Il s’agit d’une maladie rare due à un déficit en cuivre, de transmission récessive liée à l’X. Elle fait l’objet d’un Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS) depuis novembre 2024 (1). Elle est due à des mutations du gène codant pour la protéine ATP7A, situé sur le chromosome X. La protéine ATP7A est impliquée à la fois dans l’absorption du cuivre au niveau gastro-intestinal et dans l’efflux de cuivre au niveau cellulaire. La perte de fonction associée à sa mutation entraîne une diminution de l’absorption gastro-intestinale du cuivre. Celui-ci s’accumule dans le cytosol au niveau des différents tissus de l’organisme, à l’exception du foie et du cerveau.

Le seul traitement à ce jour est symptomatique. Le cuivre n’étant pas absorbé par voie orale dans cette maladie, le traitement repose sur l’administration parentérale chronique de sel de cuivre exogène. L’utilisation de cuivre-histidine est basée sur la découverte que ce complexe biologique est une forme naturelle de transport dans le sang.

Plusieurs cas de traitements sporadiques ont été initialement publiés, puis quelques cas d’utilisation à long terme. Des études observationnelles de cohorte ont montré qu’un traitement par cuivre-histidine (instauré dans les années 1970) améliorait de nombreux symptômes de la maladie de Menkes chez certains malades, alors que d’autres étaient réfractaires.

Bien que le taux d’ATP7A fonctionnel soit un important facteur de succès, un autre paramètre essentiel est la précocité d’instauration du traitement, tout retard pouvant résulter en désordres irréversibles du développement de l’enfant (2). Des études suggèrent que les injections de cuivre ne peuvent modifier la progression de la maladie que si elles sont débutées dès les premiers jours après la naissance (3). L’importance de débuter précocement le traitement a été confirmée dans la publication en 2019 de guidelines fondées sur des preuves (evidence-based guidelines) pour le diagnostic et le traitement de la maladie de Menkes (4).

Références

(1) HAS. Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS), Maladie de Menkes et autres maladies du métabolisme du cuivre, hors maladie de Wilson [Internet]. 2024 [cité 9 déc 2024]. Disponible sur: https://www.has-sante.fr/plugins/ModuleXitiKLEE/types/FileDocument/doXiti.jsp?id=p_3563442

(2) Christodoulou J, Danks DM, Sarkar B, Baerlocher KE, Casey R, Horn N, et al. Early treatment of Menkes disease with parenteral copper-histidine: long-term follow-up of four treated patients. Am J Med Genet. 1998;76(2):154‑64.

(3) Kaler SG, Holmes CS, Goldstein DS, Tang J, Godwin SC, Donsante A, et al. Neonatal diagnosis and treatment of Menkes disease. N Engl J Med. 2008;358(6):605‑14.

(4)  Vairo FPE, Chwal BC, Perini S, Ferreira MAP, de Freitas Lopes AC, Saute JAM. A systematic review and evidence-based guideline for diagnosis and treatment of Menkes disease. Mol Genet Metab. 2019;126(1):6‑13.